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Le Labo des Savoirs

Diffusion : jeudi 20h00

> semaine (36) du 5 au 11 septembre 2016

Pénuries métalliques
En 2015, nous utilisons quelques 60 éléments métalliques différents contre une vingtaine dans les années 70. Dans les éoliennes, on trouve des aimants avec des alliages de néodyme. Dans les téléphones de dernière générations, s’accumulent une dizaine de métaux rares. Nous sommes bien sorti de l’âge du fer, nous n’avons évidemment pas renoncé à la métallurgie.
Une question se pose : il y a suffisamment de métaux sur Terre pour satisfaire les consommations humaine pendant des millions d’années mais le coût d’extraction de ces métaux augmente. Les trouver est de plus en plus dur et de plus en plus cher, notamment en énergie…
Si les métaux sont rares, et le deviennent davantage, les solutions technologiques aux problèmes de l’humanité, solutions voraces, ne sont peut-être plus la panacée. Le XXIe siècle verra peut-être la fin du pétrole facilement accessible, verra-t-il la fin des mines d’antimoine, de germanium, de cadmium, ou même des mines de cuivre dont différents rapports estiment les réserves directement accessibles à une quarantaine d’années après 10,000 ans d’exploitation ?
Aux dérèglements climatiques, à la faiblesse de l’économie de croissance, faut-il ajouter la crise des métaux ?
Invité
> Philippe Bihouix, ingénieur centralien, spécialiste de la finitude des ressources minières et de son étroite interaction avec la question énergétique.
Auteur de L’Âge des low tech: vers une civilisation techniquement soutenable (Seuil, 2014).
Une émission animée par Guillaume Mézières, avec la participation de Sophie Appenzeller et de Claire Sizorn à la technique.
> semaine (37) du 12 au 18 septembre 2016

Séismes, la Terre en mouvement
Lorsque nous pensons à la dynamique terrestre, nous voyons ses effets les plus ravageurs et pouvons penser, qu’entre ces épisodes spectaculaires, la terre est un élément stable, solide et immobile. Mais la Terre n’est que mouvement, notre planète est traversée d’ondes et de tensions : elle tremble tout le temps, même si nous ne le sentons pas.
Une fois de plus, voilà les sciences à la rescousse pour rendre sensible les forces du monde. La science permet les plus belles bascules de la pensée, celles qui dépassent notre intuition.
Si vous regardez autour de vous, vos yeux vous indiquent que la Terre est plate et que le Soleil tourne autour. Avec les astronomes, vous savez maintenant que nous habitons un vaisseau spatial filant à 107 000 kilomètres heure dans sa course autour d’une étoile.
Les sismologues aussi peuvent changer notre façon de regarder cette planète.
Invités :
>
Eric Beucler, sismologue, enseignant-chercheur au Laboratoire de Planétologie et de Géodynamique de l’Université de Nantes.
>Antoine Mocquet, sismologue, enseignant-chercheur au LPG.
Une émission animée par Gaëlle Jouan et Guillaume Mézières, avec la participation de Sophie Appenzeller, Julia Portzenem, Yanis Tirel et de Claire Sizorn à la technique.
> semaine (38) du 19 au 25 septembre 2016

La science du goût
Que serait un repas sans lui ? Monotone, c’est à parier. Le goût et ses cinq déclinaisons, le salé, le sucré, l’acide, l’amer et l’umami pimentent chaque jour nos besoins alimentaires. Et peut être faudra t-il bientôt ajouter à cette liste le goût du gras, qui fait actuellement débat chez les professionnels du goût.
Ceux-ci préféreront d’ailleurs plutôt parler de flaveur, terme regroupant l’ensemble des sensations perçues lors de la mise en bouche d’un aliment. En effet, notre langue n’est pas seule responsable de nos plaisirs ou déplaisirs, notre nez et notre cerveau sont aussi de la partie.
Le goût n’est donc pas une mince affaire, un monde qui reste encore à découvrir et dans lequel les scientifiques aiment mettre leur grain de sel. Découvrez comment, à coup de bouche artificielle, de chimie, de horde de goûteurs et d’expérimentations,
les scientifiques décortiquent ce sens si complexe.
A partir de quand le goût apparaît-il dans nos vies ? Comment fonctionne ce sens ? Que fait la science pour l’industrie alimentaire ? Qu’est ce que la cuisine moléculaire ?
Invités :
> Marion Guilloux, Clément CataneoClément Cataneo et Marion Guilloux, chercheurs à l’école Oniris de Nantes au sein du laboratoire de biochimie alimentaire industrielle.
Éléments sonores
Micro-trottoir les goûts des autres – 1min50
Questions à des passants faisant leur marché sur leurs préférences en matière de goût.
Interview Luc Penicaud – 2min55
Luc Penicaud, directeur du CSGA, le Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation de Dijon, nous explique comment fonctionne le goût et les divers facteurs qui rentre en jeu dans notre perception des aliments.
Interview Patricia Parnet – 5min15
Chercheuse INRA à l’université de Nantes, elle codirige l’équipe de recherche Phan pour Physiologie des Adaptations nutritionnelles, elle nous parle du développement du goût chez l’enfant et de l’apparition précoce de ce sens dans nos vies.
La machine à goûter – 3min50
Clément Cataneo et Marion Guilloux nous invitent à l’école Oniris pour y découvrir l’un de leurs outils de travail : une bouche artificielle. Ils nous en explique le fonctionnement et l’utilité.
La cuisine note à note – 6min55
Hervé This, inventeur de la cuisine moléculaire nous explique en quoi consiste cette gastronomie futuriste.
Ressources
La cuisine note à note, Hervé This, Belin, 2012
Découvrez la cuisine moléculaire, présentée par le physico chimiste à l’origine de son invention.
Le cerveau gourmand, André Holley, Odile Jacob, 2006
Ce livre pose la question du bien manger à l’époque de la nourriture industrielle et analyse la relation entre le cerveau et les sens.
Les radis d’Ouzbekistan, tour du monde des habitudes alimentaire, Gilles Fumey, François Bourin, 2011
Écrit par un professeur de géographie culturelle, ce livre nous fait voyager à travers les cultures gustatives du monde entier.
Crédits
Une émission animée par Guillaume Mézières et Claire Sizorn, avec la participation de Mathilde Robert.
> semaine (39) du 26 septembre au 2 octobre 2016

Le monde des objets connectés
Voici une étape technologique qui paraît inévitable, celle de l’IOT, l’internet of thing, l’Internet des objets. Avec les smartphones, les objets connectés ont largement pénétré notre quotidien mais cette nouvelle génération de l’Internet ne s’arrêtera pas là. Après les téléphones connectés, c’est au tour des voitures, des jouets pour enfants, des brosses à dents, des vêtements, montres et lunettes.
Impossible de dire combien d’objets connectés se répandront dans le monde dans les prochaines années mais leur progression est exponentielle et leur nombre à déjà dépassé le milliard. Pour les scientifiques, ces objets connectés offrent matière à travailler pour améliorer leur connectivité, leur sécurité, imaginer de nouvelles architectures de mises en réseau.
Cette expansion du monde connecté, des villes « intelligentes » n’est pas sans conséquence sur notre quotidien. Derrière quelques gadgets comme les brosses à dents connectées, c’est la médecine qui change, l’espace urbain qui évolue. Une question se pose alors, celle de l’usage et de l’exploitation des données massives qui remplissent désormais les serveurs des géants de l’Internet. Ces données, ce sont les mails, mais aussi le nombre de vos pas, votre consommation d’eau, vos goûts alimentaires…
Les chercheurs en informatique croient aux promesses de ce nouveau monde, ils en perçoivent aussi les dangers.
Une émission réalisée en partenariat avec l’équipe du blog Binaire : binaire.blog.lemonde.fr
Le 23 mars 2016, nous étions à une journée organisée par la Société Informatique de France consacrée à l’IOT, l’Internet des objets. Dans cette émission, retrouvez quelques grandes thématiques de recherche sur les objets connectés.
Une émission réalisée par Guillaume Mézières et Claire Sizorn.
> semaine (40) du 3 au 9 octobre 2016

Les araignées
Pas plus grande qu’une phalange, les araignées dérangent et finissent souvent écrasées par une semelle de chaussure. Qu’il soit mis fin à ce massacre arachnéen !
Hélas, la phobie des araignées est la plus répandue alors que ces animaux ont une place décisive dans nos écosystèmes. Les araignées sont partout. En forêt, en montagne, dans les champs et vos maisons. En France, on en dénombre un peu plus de 1600 espèces, et plus de 40 000 dans le monde entier. Bien d’autres n’ont pas été recensées.
Le Labo des savoirs a décidé de partir à la rencontre des araignées. Entrez dans la toile de la muse de Louise Bourgeois.
Invités : Alain Canard, zoologue et arachnologue, responsable de l’unité de recherche « Biodiversité fonctionnelle et gestion des territoires » à l’Université Rennes 1.
Denis Lafage, naturaliste, chiroptérologue, chargé de mission pour le Conservatoire des Espaces Naturels Pays de la Loire, Antenne Loire Océan.
Une émission animée par Mathilde Robert et Ludivine Vendé, avec la participation de Sophie Appenzeller, Gaëlle Jouan, Guillaume Mézières, Claire Sizorn et Pauline Verbaenen.
> semaine (41) du 10 au 16 octobre 2016

L'équation femmes et science
Lorsqu’il fallut reconnaître l’évidence et admettre qu’Emmy Noether était une brillante mathématicienne, les enseignants de l’Université de Göttingen empêchèrent son élévation aux statut de professeur. Le grand David Hilbert tenta, en vain, d’assouplir le conservatisme de ses confrères.
C’était en 1915, aujourd’hui les femmes enseignent, dirigent des laboratoires ou des ministères de la recherche. Pourtant, alors que filles et garçons sont en nombre presque égaux dans les baccalauréats scientifiques, certaines filières sont peuplées à 80% par des hommes. Ces « sciences d’hommes » ce sont la physique, l’aéronautique, l’informatique, l’ingénierie et un domaine au cœur de cette émission : les mathématiques.
Pourquoi l’orientation scolaire est-elle sexuée de cette manière : aux femmes, les sciences de la vie et la santé, aux hommes l’univers des froides réflexions abstraites et la mécanique. Et pourquoi cette équation est-elle si difficile à résoudre ?
invitées
Colette Anné, chercheuse en mathématique au laboratoire Jean Leray de l’Université de Nantes.
Marie Néant-Fery, chargée de mission pour le comité Femmes et sciences 53 du musée des sciences de Laval.
Ressources :
– Le site du Comité Femmes et sciences 53.
– Les filles ont-elles un cerveau fait pour les maths ?, Catherine Vidal, Le Pommier, 2012
Hommes et femmes réagissent différemment à certains tests neuropsychologiques, il n’en faut pas plus pour que la presse magazine décrète que, dotées d’un cerveau différent, les femmes ne savent « naturellement » pas lire une carte routière. Pour la neurobiologiste Catherine Vidal, le cerveau à, au contraire, d’extraordinaires capacités de plasticité. Cet organe se façonne en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue et permet d’acquérir de nouveaux talents et, pourquoi pas, des compétences en mathématiques.
– Lettres, Marie Curie et ses filles, Monique Bordry et Hélène Langevin-Joliot, Pygmalion, 2011
Lors du décès accidentel de Pierre Curie en 1906, sa fille aînée, Irène, n?a que neuf ans et la cadette, Ève, deux ans. Les lettres échangées entre mère et filles rassemblées dans ce livre nous plongent dans leur intimité familiale et rapportent petits et grands événements de leur vie, jusqu’au décès de Marie Curie, en 1934. Elles témoignent des liens harmonieux qui ne cessèrent de se développer entre elles, au fil des ans.
– Souvenirs sur Sofia Kovalevskaya, Michèle Audin, Calvage et Mounet, 2008
Michèle Audin, elle-même mathématicienne, universitaire et écrivain, retrace la vie exceptionnelle de cette femme exceptionnelle, avec respect, admiration et affection. Avec elle, partagez les passions et les indignations de Sophie, plongez dans son monde et découvrez quelques merveilles mathématiques.
– Trop belles pour le Nobel : les femmes et la science, Nicolas Witkowski, Seuil, 2005
Si la science fut et reste encore un peu un monde d’homme, c’est que ce sont les hommes qui en écrivent l’histoire. Voilà la thèse de ce livre et ce qu’il souhaite combattre par le biais d’une série de portraits et d’anecdotes sur des anonymes comme la femme de Cro-Magnon et sur des scientifiques célèbres. Ni pamphlet, ni manifeste, le livre invite en revanche à reconsidérer le rôle des sciences dans l’émancipation des femmes.
– Les femmes et l’enseignement scientifique, Nicole Hulin, Puf, 2002
L’ouvrage retrace les étapes qui ont conduit l’enseignement féminin d’une organisation spécifique, tant au niveau secondaire qu’à celui du recrutement des professeurs, à la fusion complète avec l’enseignement masculin : identité des cursus, des contenus et des épreuves, unicité des concours et des classements, mixité. Reste désormais un ultime décalage au niveau des orientations vers les études scientifiques supérieures.
Crédits :
Une émission animée par Emmanuelle Meffray et Thomas Préveraud, avec la participation de Pierre Avril, Maxime Labat, Audrey Livet, dirigée par Guillaume Mézières.
> semaine (42) du 17 au 23 octobre 2016

Géographies périurbaines
En route pour le monde des lotissements, des grands centres commerciaux et des trajets pendulaires. Bienvenue dans une invention des années 70 : le périurbain. Ce modèle d’urbanisme, pensé pour désengorger les grandes villes, fait aujourd’hui l’objet d’un bilan mitigé. Pire, il provoque l’inquiétude.
Parce que les prix de l’immobilier y sont moins élevés, parce que les logements des villes sont exiguës, pour pouvoir accéder à la propriété : les périphéries urbaines s’agrandissent. Avec elles, les sols agricoles disparaissent sous le béton, les zones de biodiversité se trouve séparées par les axes routiers. Le périurbain est un champ d’étude multidimensionnel et l’une de ses dimensions est écologique, c’est l’étude de l’étalement urbain et de ses conséquences environnementales.
Autre dimension : la dimension culturelle. Rêve des années 70, le pavillon, la voiture et le centre commercial ont perdu de leur superbe en ce début de XXIe siècle. Pensé pour récréer de la vie et de l’emploi, l’extension périurbaine n’aurait souvent réussi qu’à créer des villes dortoirs, organisées autour des galeries marchandes. Cette vision négative est-elle objective ? Comment comprendre ce phénomène d’attraction-répulsion associé à la banlieue pavillonnaire ?
Le périurbain c’est enfin le surgissement de la géographie dans le champ politique. Ce monde oublié entre la ville et la campagne, à l’écart de l’offre culturelle des centres-villes ou des projecteurs braqués sur les banlieues difficiles, est revenu en force dans le débat politique. Les périphéries urbaines concentreraient la France des oubliés et des mécontents. Existe-t-il une France périurbaine ? Qu’en dit la géographie électorale ?
Invités
Invités :
François Madoré, directeur adjoint du Laboratoire Espaces et Sociétés, professeur des Universités à l’IGARUN, Institut de Géographie et d’Aménagement de l’Université de Nantes.
Bernard Fritsch, professeur d’aménagement de l’espace et d’urbanisme, enseignant-chercheur à l’IGARUN.
Jean Rivière, géographe, enseignant-chercheur à l’IGARUN.
Crédits
Une émission animée par Cyprien Messin et Guillaume Mézières, avec la participation de Barbara Chicotot, Guisane Humeau et Caroline Sordia.
> semaine (43) du 24 au 30 octobre 2016

Le cerveau dans le ventre
L’être humain avait déjà un cerveau magnifique, il en a maintenant un deuxième, bien caché au creux de l’intestin. Vous pouvez l’appeler système nerveux entérique. Ses quelques 200 millions de neurones pourraient laisser penser que, dans le ventre, chacun de nous accueille l’équivalent du cerveau d’un petit chien.
La comparaison s’arrête là, le système nerveux entérique n’aboie pas et n’a pas de psyché. A quoi servent ces millions de neurones alors ? D’abord à maîtriser le plus essentiel des processus vitaux : la digestion, une tâche essentielle et complexe qui fait de ce deuxième cerveau le premier par ordre d’apparition dans l’évolution – avant d’être des êtres pensant, nous fûmes des organisme digérant.
Ce « deuxième » cerveau n’est pas autonome du système nerveux central, voilà de quoi passionner les chercheurs, ces deux cerveaux dialoguent et partagent des informations. Ces neurotransmissions entre le haut et le bas bouleversent les visions de certaines maladies neuronales comme la maladie de Parkinson. Pour les neurogastroentérologues, le ventre est une fenêtre ouverte sur le cerveau.
Invités :
> Michel Neunlist, directeur de l’unité de neurogastroentérologie à l’IMAD, l’Institut des Maladies de l’Appareil Digestif.
> Bernard Lardeux, chercheur à l’IMAD.
Éléments sonores :
– Le ventre et Parkinson, interview de Stanislas Bruley des Varannes, directeur de l’IMAD sur les recherches menées à l’institut sur la maladie de Parkinson.
– Miscellanées intestinales, chronique de Maxime Labat sur les choses étonnantes que recèle l’extraordinaire diversité des systèmes digestifs du monde vivant.
– Intime microbiome, chronique d’Emmanuelle Meffray sur le plus formidable des écosystème, le microbiome, l’ensemble des bactéries qui habitent le système digestif.
Ressources
– Le ventre, notre deuxième cerveau, Cécile Denjean, Scientifilms – Arte, 55 min, 2013
Documentaire diffusé sur Arte en janvier 2014 où vous pourrez retrouver les chercheurs de l’IMAD.
– The Enteric Nervous System, John Barton Furness, Wiley-Blackwell, 2006
Livre de référence sur le système nerveux entérique, ouvrage en anglais pour les plus curieux des auditeurs bilingues.
Crédits
Une émission animée par Maxime Labat et Emmanuelle Meffray, avec la participation de Claire Sizorn, dirigée par Guillaume Mézières.
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